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Les difficultés de la rénovation par Laurent Baumel
Vidéo: durée 8mn 06s
Toute réflexion politique part aujourd’hui inévitablement d’un double constat : confronté aux conséquences de la mondialisation, du chômage de masse, du vieillissement démographique, de la fragmentation sociale, mais aussi bien sûr aux évolutions majeures de l’individualisme contemporain et à la nécessaire révolution écologique, le modèle social hérité des trente glorieuses est en crise; confronté à ces mêmes défis, la social-démocratie est à la recherche de réponses nouvelles et redéfinit ses moyens d’action. |
Cette crise, en effet, n’est pas spécifiquement française : partout en Europe, l’Etat Providence, ce vaste compromis pratique entre loi du marché, propriété privée des moyens de production d’une part, intervention politique, droits sociaux et redistribution d’autre part, peine désormais à remplir ses fonctions et doit subir des ajustements pour intégrer les nouveaux défis.
Mais cette crise d’efficacité prend depuis plusieurs décennies une résonance particulière dans notre pays. La mondialisation, l’impuissance apparente de la politique, l’émergence de formes de multiculturalisme interrogent notre modèle national, républicain, laïque, étatique et universaliste. La crise de confiance dans les institutions représentatives se nourrit de ces interrogations sur l’identité française. Elle a pris, scrutin après scrutin, des proportions alarmantes.
Cette crise, en effet, n’est pas spécifiquement française : partout en Europe, l’Etat Providence, ce vaste compromis pratique entre loi du marché, propriété privée des moyens de production d’une part, intervention politique, droits sociaux et redistribution d’autre part, peine désormais à remplir ses fonctions et doit subir des ajustements pour intégrer les nouveaux défis.
Mais cette crise d’efficacité prend depuis plusieurs décennies une résonance particulière dans notre pays. La mondialisation, l’impuissance apparente de la politique, l’émergence de formes de multiculturalisme interrogent notre modèle national, républicain, laïque, étatique et universaliste. La crise de confiance dans les institutions représentatives se nourrit de ces interrogations sur l’identité française. Elle a pris, scrutin après scrutin, des proportions alarmantes.
Tout projet historique, toute identité politique se présente donc d’abord aujourd’hui comme une réponse à cette question.
Le néo-libéralisme en est une : révision du compromis social à la baisse, remise en cause des protections, « libération » du marché. Nous refusons évidemment de nous laisser imposer idéologiquement cet agenda sur l’air de l’évidence, au nom de « l’adaptation nécessaire » à la mondialisation. Nous récusons l’idée que la droite, à l’image des gouvernements qui se sont succédés en France depuis 2002, mène « les réformes nécessaires » lorsqu’elle démantèle la sécurité sociale et le droit du travail.
Mais une des caractéristiques évidentes de notre courant de pensée est de combattre également la crispation néo-gauchiste lorsqu’elle se traduit par la cécité et le refus de toute évolution des instruments au nom d’une défense illusoire des acquis sociaux. Nous récusons le piège qui consisterait, pour le socialisme français, à se laisser enfermer, par manque de courage politique, dans l’immobilisme face à un néo-libéralisme qui serait le mouvement.
Notre projet historique doit donc être, en premier lieu, de proposer une évolution du modèle français qui assume clairement l’ajustement nécessaire de l’Etat social à la nouvelle donne. Un ajustement qui ne soit pas une simple adaptation technique, dépourvue de vision, mais qui redonne à notre système social son efficacité perdue pour lui permettre de remplir ses finalités essentielles : intégration, protection, redistribution, égalité,…
Ce projet de modernisation, il faut évidemment en préciser les axes principaux, en répondant aux grandes questions économiques, sociales, sociétales, écologiques d’aujourd’hui.